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Auteur pour la jeunesse, j'écris des textes de longueurs différentes, albums, contes, roman, que je vais vous faire découvrir. Je suis à la recherche d'un éditeur. Toutes mes histoires sont protégées par la SGDL.

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LES GROS MOTS DE PHILOMENE !

LES GROS MOTS DE PHILOMENE !

Vous l'avez attendue, la voilà !

Philomène est de retour ! Elle est à l'école. Mais est-elle bien sage pour autant ? Pas sûr, car voilà qu'elle se met tout d'un coup à dire des...gros mots ! Comment écrire une histoire sur les gros mots, sans en dire un seul ? Hmmmmm ? Pas facile, n'est-ce pas ? Lisez Philomène, car elle est tout simplement...PHILOMENALE !

Je vous souhaite autant de plaisir à lire cette histoire que j'en ai eu à l'écrire pour vous !

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1. Le concours de poèmes.


Philomène est une petite sorcière. Elle est assise, bien sage, dans sa classe de CM2, chez Mme Octavie, la maîtresse. Celle-ci est austère. Elle est assez âgée, elle a l’air sévère, les cheveux coupés en carré, bruns, un peu ondulés, elle porte des lunettes, elle a un gros nez, une bouche tombante. Les habits qu’elle revêt sont aussi ternes que sa personne : un polo beige, orné d’un collier marron, et par-dessus le polo, elle porte une veste à carreaux.
Philomène ne l’aime pas particulièrement, et il faut avouer qu’elle lui en fait voir de toutes les couleurs. Mais elle doit être mal réveillée aujourd’hui, car elle est très calme . Elle rêve et a les yeux dans le vague.
Madame Octavie annonce :
-Je vois que Philomène est aujourd’hui toute rêveuse ! Eh bien, cela tombe bien, car nous allons faire un petit concours de poésie. Vous commencerez à y réfléchir juste après la récréation. Le plus beau poème sera élu par toute la classe. Il sera lu et affiché dans toute l’école !
En entendant ces paroles, Philomène sursaute.
-Oh non, pas ça, pense-t-elle ! Je suis nulle en poésie !
Mais elle se rassure elle-même :
-Bah, pas grave, je vais utiliser une formule magique pour ne pas me fatiguer. Le plus beau poème de toute la classe se fera tout seul, sans aucun effort.
-Allons les enfants, c’est l’heure de la récréation ! annonce Mme Octavie.
Philomène se récite sa formule magique tout bas dans sa tête, pour ne pas que les autres élèves l’entendent :
« -Abracadabra, le plus beau poème tu formuleras ! »
Mais voilà que juste à ce moment-là, Ugo lui fait un croche-pattes, et Philomène dégringole dans l’escalier.
-Hé, c’est pour te réveiller ! Tu dors aujourd’hui !
-Espèce d’imbécile ! lui lance Philomène rageusement.
Elle se relève, elle est un peu sonnée.
Après la récréation, Madame Octavie laisse les enfants réfléchir à leur poème. Philomène ne prend pas la peine de se fatiguer. Elle crayonne sur sa feuille au lieu d’écrire des vers. Madame Octavie s’en aperçoit vite :
-Ah, j’en vois une qui a déjà fini ! dit-elle en regardant Philomène.
-Moi, maîtresse ? demande la petite sorcière.
-Oui, vas-y, lis nous donc ton poème, puisque tu as dé
jà terminé. Viens donc au tableau !

LES GROS MOTS DE PHILOMENE !

2. La grossièreté de Philomène.


Philomène quitte sa place, se présente face à la classe, prend une grande inspiration, et ouvre sa bouche.
Elle a un peu de mal à prononcer ! Puis ses lèvres s’arrondissent, se plissent, et enfin, au bout de quelques minutes qui paraissent une éternité, un premier mot sort de sa bouche comme un projectile, un mot qu’elle n’a pas pu retenir : P-------N de M----E !
Mais ô stupeur, à la place des jolis mots de « fleur » « d’azur » et de « soleil » on entend tout autre chose, un mot horrible, suivi de plein d’autres, tout aussi laids.
Aussitôt, c’est la stupéfaction dans la classe ! On entend des « oh » ! ! ! ! ! Les élèves et la maîtresse mettent les mains sur la bouche, comme si c’étaient eux qui avaient prononcé ces horribles mots qu’il ne fallait pas dire !
-Oh ! s’écrie l’enseignante, horrifiée ! Philomène, mais comment oses-tu ?
La maîtresse est pétrifiée sur place. Elle ne sait plus quoi dire.
Tous les élèves rient dans la classe ! On lit sur tous les visages l’étonnement et la stupeur, et surtout l’attente de ce qui va suivre !
-Va tout de suite chez Monsieur le Directeur ! ordonne l'enseignante.
Philomène est rouge de confusion ! Elle ne comprend pas ce qui s’est passé !
Au directeur qui lui demande des explications :
-Je ne sais pas Monsieur le Directeur !
-Comment ça tu ne sais pas, c’est bien toi qui a dit ce gros mot ?
-Euh, nooooooon !
-Et en plus, tu te moques de moi ! ! !
-Non, je vous assure Monsieur le Directeur, ce n’était pas mon intention !
Et tout à coup, Philomène sent monter quelque chose dans sa gorge, qui la gratte et la chatouille. Elle ferme vite sa bouche, mais la chose est là, qui s’agite. Philomène essaie de la réprimer, mais c’est plus fort qu’elle ! Elle retient sa respiration, devient toute rouge, ses joues se gonflent. Il faut qu’elle l’expulse, qu’elle se débarrasse, et elle lance à la figure du Directeur, à nouveau un mot horrible, un mot qu’on ne peut pas dire, sans offenser profondément la personne qui le reçoit.
-Ne me contrarie pas, espèce de C---------D !
Le Directeur recule d’horreur face à l’insolence de Philomène :
-Comment oses-tu me tutoyer, petite impudente, et surtout me traiter de la sorte !
Il est hors de lui et très en colère. Ses yeux sont comme exorbités.
Philomène baisse la tête ! Elle est atterrée elle-même par ce qu’elle vient de dire au Directeur !
-Je ne sais pas ce que je vais faire de toi ! Je vais réfléchir sérieusement à ton sort !
Plus tard, la sentence tombe :
Les parents de Philomène sont convoqués et Philomène est renvoyée de l’école, pendant une semaine.
Une fois la semaine de punition écoulée, Philomène peut réintégrer son école et sa classe.

Mais sa vie devient un enfer. Ses petits camarades ne la fréquentent plus. Les parents le leur ont interdit.
-Elle est vraiment trop vulgaire, cette enfant ! Elle s’exprime tellement mal ! Mais qui lui a enseigné ces horreurs ? Ah, bravo les parents, belle éducation !
Philomène est souvent seule dans la cour de récréation. Plus personne ne lui adresse la parole.
Lorsque Philomène passe devant eux, elle crache par terre pour expulser un gros mot, et ses camarades détournent la tête de répulsion.

3. Comment se débarrasser de ces gros mots ?

-Je ne sais pas comment venir à bout de ces gros mots, c’est horrible ! soupire Philomène.
J’ai vraiment l’impression de les prononcer malgré moi !
A son amie Muguette, elle demande :
-Peux-tu me tapoter dans le dos ? Peut-être qu’ils vont disparaître ?
Muguette tapote dans le dos de Philomène, et un bon paquet de gros mots s’échappent effectivement de la bouche de Philomène.
-Ah ! Ca y est, s’exclame Philomène ! Je pense qu’ils sont sortis ! Ah ! Je me sens soulagée, si tu savais, Muguette ! Merci, mille mercis mon amie !
Mais en fait, il n’en est rien, les gros mots sont toujours là.
Philomène est désespérée ! Elle qui se croyait débarrassée des gros mots, nenni ! Ils s’accrochent tels des pinces de crabes à leur victime, lui rendant la vie bien difficile et l’excluant chaque jour un peu plus de ses camarades de classe.

Alors Philomène fait plusieurs tentatives désespérées :
1. Elle marche les pieds en l’air et la tête en bas, dans l’espoir d’expulser les gros mots de sa gorge ! Peine perdue !
2. Philomène va voir un hypnotiseur, et lui explique son problème. Celui-ci lui promet de la débarrasser de ses gros mots. Mais là encore, c’est un échec total.
3. En désespoir de cause, Philomène se rend dans une station spatiale, afin de déposer les gros mots dans un satellite, et de les envoyer le plus loin possible dans l’espace.
- Cette fois, c’est bon, je les ai crachés, et vite enfermés dans la capsule. C’est fini, j’en suis définitivement débarrassée !
Mais, déception extrême, les gros mots sont toujours là.
4. Philomène avale plein de jus de pruneaux, et le matin, retrouve tout un gros tas de gros mots dans son pot de chambre, mais là encore, c’est peine perdue.

Alors Philomène se met à sangloter :
-Ma vie est finie ! Jamais je ne réussirai à me débarrasser de ces gros mots ! J’ai tout essayé !
Philomène n’ose même plus parler, tellement elle a peur qu’un mot vulgaire ne sorte de sa gorge, à la place de ce qu’elle voudrait réellement exprimer.
Elle réprime tellement ses dires, que ses cheveux se mettent à friser, ses yeux louchent, elle devient toute rouge. Mais lorsque le mot qu’elle a tant retenu sort, c’est immanquablement une insulte.
En désespoir de cause, lorsqu’on lui pose une question, elle fait un signe de tête, pour dire « oui » ou « non ».

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LES GROS MOTS DE PHILOMENE !

4. Apprendre à s’exprimer.


En désespoir de cause, Philomène va voir la tricoteuse de mots.
Madame Reine est une jolie femme très élégante, aux longues mains fines et soignées. Philomène lui explique sa mésaventure. La belle dame lui demande d’ouvrir sa bouche. Elle s’exclame :
-Oh la la la ! Ce n’est pas joli, joli en effet ! Depuis quand cela dure-t-il Philomène ?
-Depuis plusieurs mois maintenant ! Je ne sais vraiment plus quoi faire ! Aidez-moi, je vous en prie ! Je n’ai plus aucun ami, plus personne ne veut me fréquenter, à l’école, je n’ai que des mauvaises notes ! C’est un vrai cauchemar !
-Voilà ce que nous allons faire ! Je constate en effet, que pour le moment tu es comme…comment dire…prisonnière de ces vilains mots, qui te gâchent la vie ! Tu ne peux pas t’en séparer actuellement !
Mais, en revanche, ce que tu peux faire, c’est les transformer ! Si tu veux bien, nous allons faire un petit exercice :
Et Philomène apprend à adoucir les mots crus qui sortaient auparavant de sa bouche, et les choses s’arrangent effectivement. A force de beaucoup de volonté, Philomène parvient à bien contrôler son vocabulaire.
Madame Reine lui explique :
-Regarde, Philomène ! Un mot, en vérité, c’est exactement comme une petite mandarine ! Il suffit d’enlever l’écorce, pour voir apparaître dessous de jolis quartiers bien rangés les uns à côté des autres ! Mais je peux détacher ces quartiers et jouer les uns avec les autres !
Philomène est intriguée par la belle dame.
-Que veux-tu me dire ? J’avoue que je ne te suis pas…
-C’est aussi comme un petit collier ! Je peux jouer à l’infini avec les couleurs et la disposition des perles ! C’est bien moi qui décide de la manière dont je les assemble !
La tricoteuse de mots prend ses aiguilles à tricoter, et défait une à une les mailles des mots laids.
-Tiens donc, tu veux donc me défaire les mollets ? demande Philomène à la belle dame.
-Mais non ! Pas tes mollets, mais les mots laids !
Puis, elle reprend :
-Allons, Philomène ! Tu es aujourd’hui en colère contre les adultes, ou tu veux les défier ! Mais en disant des gros mots, c’est toi que tu blesses, car les gros mots ne sont pas jolis dans la bouche des enfants, ni dans celle des adultes d’ailleurs.
-Vocabulaire, dromadaire, pète en l’air ! répond la petite sorcière.
-Philomène, fais attention, voilà que tu recommences !
-Tomate, matelot !
-Assieds toi, Philomène, et écoute-moi sérieusement ! dit la tricoteuse de mots.
Sais-tu donc que les gros mots empêchent de voyager, parce qu’ils sont bas et ne décollent jamais du ras de la terre ?
-Non, dit Philomène, fascinée par les dires de la tricoteuse de mots.
La belle dame est très calme, ses gestes sont lents, et sa voix douce.
-Que m’as-tu donc tricoté aujourd’hui ?
-Aujourd’hui, je t’ai tricoté des mots doux comme de la soie, des mots aux couleurs pastel, qui habillent le ciel et tes yeux d’onde pure ! De jolis mots qui enveloppent tout de douceur, qui rassurent ! Les gros mots au contraire heurtent et frappent ceux qui les reçoivent !
Philomène s’est calmée et écoute la belle dame. Celle-ci lui raconte une belle histoire.
-Tu vois, c’est moi qui ai écrit cette histoire tout spécialement pour toi ! Tu peux en faire de même à ton tour. Va Philomène, et n’oublie pas de partir avec ton petit bagage de jolis mots, ne pars pas les mains vides ! Mets dans ce baluchon tous les mots qui saluent la beauté et la poésie, ceux qui rendent le monde et les gens qui t’entourent meilleurs.
Et Philomène apprend avec la belle dame à construire de belles phrases, accompagnées de mots choisis.
-Chaque fois que ton cœur sera triste, prend un petit bout de papier, et décris ce que tu ressens, comme de petites billes que tu places les unes à côté des autres, et tu verras que la tristesse s’en ira.
La tricoteuse de mots renverse son ombrelle, et la présente à Philomène comme un présentoir :
-Tu vois, Philomène, tu peux faire tourner cette ombrelle, et y déposer autant de jolis mots que tu le souhaites. Ainsi, construire des phrases devient un joli jeu, joyeux, qui peut nous faire tourner la tête, tel un carrousel !
A ces mots, Philomène est enthousiaste, et soudain, une illumination lui traverse l’esprit :
-Tourner la tête ! Mais oui, bien sûr !
Philomène se souvient du croche-pattes que lui avait fait Ugo au moment même où celle-ci récitait sa formule magique. Et elle comprend que sous l’effet de la chute, la formule s’était inversée. Philomène est soulagée, le cauchemar est enfin terminé. Elle récite vite fait la bonne formule silencieusement dans sa tête pour annuler le mauvais sort.
- Merci mille fois belle dame. Cette mésaventure m’a au moins permis de faire ta connaissance !
La belle dame fait une révérence et disparaît au loin dans la brume, jolie silhouette gracile et majestueuse.

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