Auteur pour la jeunesse, j'écris des textes de longueurs différentes, albums, contes, roman, que je vais vous faire découvrir. Je suis à la recherche d'un éditeur. Toutes mes histoires sont protégées par la SGDL.
Le mois de Février...il fait toujours aussi froid...Voici donc l'histoire d'un arbre, un hêtre, qui raconte, protège et réconforte les enfants, jusqu'au jour où...
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Il était une fois... un arbre magnifique qui déployait ses branches dans la forêt de Bragellone. Cet arbre était centenaire, avait connu bien des tempêtes, mais les avait toutes défiées avec courage. Nulle ne l’avait abattu, alors qu’il avait bien souvent entendu le craquement inquiétant de ses frères pourtant plus jeunes qui n’avaient pas résisté à l’assaut du vent et qui s’étaient effondrés dans un fracas terrible.
Un jour, l’arbre entendit des pleurs dans la forêt. Les pleurs se rapprochèrent. L’arbre vit un petit enfant qui s’était réfugié au bas de son tronc. Il était vêtu de haillons.
L’arbre l’interrogea :
- Mes parents m’ont abandonné dans la forêt. Ils étaient trop pauvres pour me nourrir. Je ne sais pas ou aller, dit l’enfant d’une petite voix.
- Eh bien, lui répondit l’arbre, tu pourras rester avec moi, si tu le souhaites. Tu pourras rester aussi longtemps que tu le désireras. Je t’apporterai la protection dont tu auras besoin. Le soir, tu pourras te blottir entre mes branches.
Un autre enfant errait dans la forêt. Il était seul, il avait froid. Le premier enfant le trouva à son tour et le guida vers l’arbre à pains.
La petite fille refusa tout d’abord qu’on l’aide.
- Je ne suis pas une enfant aimée ! Je ne mérite pas de vivre ! Si mes parents n’ont pas voulu de moi, c’est qu’il y a bien une raison !
- Allons, calme toi ! lui répondit le premier enfant. Viens, nous allons trouver l’arbre à pain !
- L’Arbre à pains ? C’est qui celui-là ? Pourquoi l’appelle-t-on « l’arbre à pains ? » demanda la petite fille.
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- Comme son nom l’indique, c’est un arbre. Et l’Arbre à Pains, parce que lorsque vient le printemps, l’arbre est recouvert de petites boules blanches et rondes comme des pains. Ces petites boules sont des histoires. L’arbre les raconte aux enfants. Mais lorsque ces petites boules arrivent à maturité, elles tombent, et les enfants les ramassent, et les conservent dans le tronc de l’arbre. Ainsi, les enfants peuvent s’en nourrir pendant toute l’année. Tu sais, nous ne sommes pas les seuls à avoir été abandonnés. L’Arbre à Pains a recueilli beaucoup d’enfants avant nous. Beaucoup d’entre eux sont partis, mais il y en a encore beaucoup d’autres que l’arbre garde auprès de lui.
Et l’enfant continua d’expliquer :
- Lorsque l’hiver est là et qu’il fait très froid, les enfants se blottissent dans le tronc de l’arbre et se tiennent chaud mutuellement. Au dehors, on entend le hurlement des loups affamés. Ils viennent rôder autour du tronc d’arbre, car ils sentent la chair fraîche qu’ils dévoreraient bien…
Lorsque vient le printemps, au contraire, les enfants se retrouvent dans les branches de l’arbre et ressemblent à des oiseaux multicolores. Et le soir, au crépuscule, si on écoute bien, on entend le murmure de l’arbre à pains qui raconte une histoire merveilleuse à chaque enfant, des mots doux que le vent dans les feuilles fait frémir, et qui bercent les enfants, les aident à oublier leurs tourments et leurs souvenirs douloureux, et les aident à s’endormir.
- Que veux-tu que je te raconte ce soir ? demande l’arbre à Delphine.
- Une histoire de princesse ! répond celle-ci.
- Et toi, Lucas ?
- Une histoire de fantôme !
- Et toi, Julien ?
- Une histoire de… pirate !
Mais voilà qu’un jour des bûcherons arrivèrent avec de grandes scies, et choisirent le grand hêtre pour l’abattre.
Mais les bûcherons virent que l’arbre était plein d’enfants. Les bûcherons leur dirent de descendre et de déguerpir, car ils allaient abattre l’arbre.
- Non ! Vous ne pouvez pas faire ça ! Cet arbre est à nous ! Il nous nourrit et nous protège !
- Allons, c’est ridicule ! D’abord, qu’est-ce que vous faites dans la forêt à cette heure ! Vous devriez être à l’école ! s’écria l’un d’entre eux qui semblait être le chef.
- Nous sommes des orphelins ! Certains d’entre nous ont été abandonnés par leurs parents ! Nous n’avons plus personne ! Nous ne savons plus ou aller !
- Eh ben, alors, c’est l’Assistance Publique que je vais contacter ! Allez, ouste, dehors ! reprit l’homme. Puis, à ses ouvriers :
- Allez, faites votre travail !
Et les bûcherons commencèrent à attaquer l’arbre !
- Non, ne faites pas ça ! crièrent les enfants !
- Et l’arbre se mit à pleurer !
- Qu’est-ce que c’est que ça ? Qu’est-ce que c’est ces pleurs qu’on entend ?
- C’est notre arbre à pain ! Vous le faites souffrir ! Vous ne pouvez pas l’abattre ! On vous l’a dit ! C’est un arbre magique ! Choisissez-en un autre !
- Un arbre magique ! Oh oh oh ! C’est ridicule ! Allez, ouste, tout le monde dehors !
- Et puis d’abord, dit un autre bûcheron espérant convaincre les enfants :
Un arbre, ce n’est pas vivant, ce n’est que de la cellulose ! On l’utilisera pour en faire du papier, ou de beaux meubles ! Tout n’est pas perdu !
Mais les enfants refusèrent qu’on abatte leur arbre à pains ! Ils constituèrent une chaîne tout autour du tronc de l’arbre avec leurs petites mains, afin de le protéger à leur tour, lui qui leur avait tant donné.
Les bûcherons surpris, reculèrent, puis se concertèrent entre eux et décidèrent de revenir un peu plus tard abattre l’arbre, lorsqu’ils auraient contacté l’Assistance Publique qui emmènerait les enfants perdus.
- Nous avons gagné ! Nous avons gagné, criaient les enfants fous de joie.
- Par pour longtemps, hélas ! dit le grand hêtre. Ecoutez moi, les enfants. Ils vont revenir avec leurs scies pour m’abattre.
- Non ! crièrent les enfants effrayés.
C’est ainsi pourtant. Je suis trop vieux maintenant. Je vais presque avoir cent ans. Mon heure est venue ! Lorsque les bûcherons viendront pour m’abattre, ne soyez pas tristes, car c’est le cours de la vie. De toutes façons, lorsqu’ils viendront, je serai déjà mort, car je ne vivais que pour les histoires que je vous racontais. Vous étiez à la fois ma sève et mon âme. Partez au contraire, il est temps pour vous d’aller au-devant de votre vie. Vous avez bien grandis maintenant, et il est temps pour nous de nous séparer.
- Mais ou irons-nous donc ? Et de quoi vivrons-nous ? s’inquiétaient les enfants.
- Vous êtes riches de tous les mots et les histoires que je vous ai racontées. Ne les oubliez pas, et au contraire, transmettez les à votre tour. Transmettez les mots qui rassurent, les mots qui soignent, mais aussi les mots qui éblouissent. Ainsi, vous ne serez jamais seuls, même perdus dans la taïga, ou au fin fond du désert, vous serez toujours riches de vous-mêmes. Faites attention cependant d’utiliser les mots à bon escient, car les mots peuvent faire mal, et ils peuvent être également des armes redoutables.
Les bûcherons revinrent en effet quelques jours plus tard, mais tous les enfants étaient partis. Ils n’iraient pas dans l’orphelinat.
Chacun des enfants sut à quel moment l’arbre fut abattu, car ils entendirent les plaintes susurrées dans les feuillages des arbres de la forêt. Ils surent que c’était la fin. A ce moment-là, lorsqu’ils mirent la main dans leur poche, ils sentirent des perles de nacre. C’étaient les pleurs de l’arbre à pain qui s’étaient cristallisés en joyaux de nacre.
Chaque fois que les enfants devenus adultes se trouvaient en difficulté, il leur suffisait de toucher ces perles pour recouvrer la force et l’envie de continuer. Ils n’avaient pas eu de parents, mais l’arbre les avait nourris…d’histoires, et dans les histoires, c’étaient les mots qui les avaient portés, et qui les portaient encore, et qui les aidaient à traverser les joies, mais surtout les peines infligées par la vie. Ainsi, grâce aux mots, ils ne s’étaient jamais sentis et ils ne se sentiraient jamais seuls :
L’un était devenu journaliste dans un grand quotidien, l’autre un écrivain de renom, une autre institutrice. Tous racontaient à leur tour l’histoire de l’arbre à pains.