Auteur pour la jeunesse, j'écris des textes de longueurs différentes, albums, contes, roman, que je vais vous faire découvrir. Je suis à la recherche d'un éditeur. Toutes mes histoires sont protégées par la SGDL.
Voici un conte ECOLOGIQUE, sur le thème de la mer et hélas de la POLLUTION ! Il s'agit donc d'une histoire sur fond bleu et noir ! Avez-vous déjà entendu la mer pleurer ? Moi oui....
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1.La Reine des Océans
Il était une fois, la Reine des Océans, qui ne se lassait pas de parcourir son royaume, afin d’en contempler les merveilles.
Serena, ainsi s’appelait la Reine des Océans, était une femme d’une beauté époustouflante : tout chez elle n’était que grâce et élégance. Elle portait une longue robe de vermeil qui enveloppait sa fine silhouette, son doux visage était encadré d’une épaisse chevelure blonde, qui ondoyait au gré des vagues.
Les belles eaux profondes du Royaume de Serena étaient riches de poissons multicolores, les fonds étaient tapissés d’algues vertes qui dansaient au gré des flots, les homards se faisaient la révérence, les sardines n’en finissaient pas de bavarder, se racontant les derniers potins du Royaume. Oui, tout était paisible au Royaume de Serena…
Mais un jour, hélas, cette belle tranquillité fut brisée.
Serena, qui se reposait dans son fauteuil de nacre, remarqua une horrible tâche…noire sur sa robe de vermeil.
Elle se releva, horrifiée et appela Delphine, sa servante.
-Delphine ! hurla Serena. Delphine ! Que se passe-t-il donc ? Vois, ma robe est toute tâchée de…oh, de…noir !
-Oh, Madame, dit Delphine, désolée, je crains que quelqu’un n’ait éteint le soleil.
-Comment ça, éteint le soleil ! Eh bien, ce n’est pas grave, appelle moi l’hirondelle de mer ! Qu’elle aille tout de suite le rallumer le soleil, c’est juste une petite ampoule à changer !
A ce moment-là, arriva un Bernard-l’hermitte. Tout affolé, et ayant entendu la conversation, il s’écria :
-Madame, le soleil ne s’est pas éteint ! C’est pire que cela :
C’est un bateau…un bateau de pêche ! Il a lâché toute cette horrible chose noire et gluante dans notre belle eau salée…ça s’appelle du pétrole !
La Reine et Delphine lâchèrent un cri :
-Quelle horreur ! Comment a-t-il seulement osé faire ça ! N’a-t-il décidément aucun respect ?
2.La colère de la Reine.
Alors, la Reine se mit dans une colère…noire !
-Cela ne se passera pas comme ça ! hurla-t-elle.
Elle convoqua le vent, et lui expliqua ce qui venait de se passer, en pointant de son doigt gracile et alourdi de bagues de nacre, le bateau de pêche !
Le vent appela à son tour les nuages, qui se mirent eux aussi en colère, gonflèrent leurs joues d’humidité, devinrent à leur tour gris et menaçants. Ils se cognaient entre eux, se bousculaient, grondaient, et des éclairs zébrèrent le ciel.
Puis les nuages éclatèrent tout d’un coup, et des trombes d’eau jaillirent en un long rideau d’eau vertical qui frappa la surface de l’eau…
La mer à son tour commença à s’agiter de soubresauts, sa respiration se fit haletante, elle se secoua et les rides légères de sa surface se transformèrent en de gros rouleaux qui assaillirent le bateau !
On entendit alors sur le navire les cris de l’équipage :
-Au secours !
Le Capitaine, un jeune homme fort et vigoureux, donnait des ordres sans relâche.
Le bateau tanguait dangereusement, il était ballotté de toutes parts, puis l’eau envahit le pont du navire. Et pourtant l’équipage résista longtemps, longtemps, mais les éléments déchaînés eurent raison de lui.
Il sombra, tout doucement, et l’équipage avec.
Tous les hommes furent noyés, sauf un, le plus vigoureux, le plus résistant : il s’agissait du jeune capitaine, qui s’appelait Lucas.
Celui-ci se débattait dans les vagues, lorsqu’il se vit soudain entouré de quatre ou cinq requins qui tournoyaient autour de lui, menaçants.
-Eh toi ! Suis nous, dirent les squales au capitaine du navire.
Lucas ne demanda pas son reste et suivit les squales. Ceux-ci se postèrent devant une masse rocheuse, et de lourdes portes coulissèrent.
Les squales emmenèrent Lucas à travers un dédale de corail, et il se trouva face à la plus belle femme qu’il eût jamais vue. Serena se tenait debout, face à ses sujets. Elle était hors d’elle.
-Ah, le voilà, cet impudent, ce misérable ! C’est donc toi qui pollue mon royaume sans vergogne !
-Madame, répondit Lucas, ce n’est qu’un peu de…pétrole ! La mer va vite le digérer ! Dans quelques jours, il n’y paraîtra plus !
-Tais toi donc, petit insolent ! Ce pétrole comme tu dis, tue tous les poissons, les oiseaux, et va noircir nos côtes pendant des mois, voire des années ! Serena fulminait.
-Et toi, est-ce donc toi qui as fait couler mon navire, noyer mes hommes ? Connais tu donc le prix de ma perte, à moi ?
L’assemblée s’offusqua :
-Oh ! Il a osé tutoyer la Reine !
Serena s’adressa à nouveau à Lucas :
- Des petits insolents comme toi, il y en a tellement, hélas ! Ils salissent, détruisent et polluent nos océans sans aucune retenue ! Je suis fatiguée de combattre…Tu mérites que je te donne une leçon !
Serena pointa son doigt vers Lucas, qui se trouva aussitôt transformé en…dauphin
- Pffffft ! pensa le jeune homme ! transformé pendant quelque temps en dauphin ! Ce n’est pas une punition, ça, c’est plutôt un plaisir !
Il parcourut les océans, s’amusa avec les autres dauphins, glissa derrière le sillage des bateaux, fit de joyeux cercles et batifola dans l’eau…
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3. Le pêcheur pêché.
Mais voilà qu’un jour, il fut pris dans les mailles du filet d’un pêcheur à son tour…
Il lutta, il lutta, essaya de se dégager, mais en vain.
-Ce n’est pas grave, pensa-t-il ! Quelqu’un va bien finir par venir m’aider…
Mais les minutes, puis les heures passèrent, personne ne passait par là, il se sentit si faible tout d’un coup, ses forces l’abandonnaient.
Il vit alors une tortue marine passer lourdement.
Il l’appela :
-Au secours ! Venez m’aider s’il vous plaît !
Mais la tortue continua son chemin :
-Pourquoi t’aiderai-je ? Tu ne sais même pas voir la beauté du monde…
-Mais bien sûr que je sais la voir, la beauté du monde, comme tu dis…
-Non, tu ne le sais pas ! Est-ce que tu sais seulement ce que c’est qu’un coucher de soleil ?
-Mais bien sûr que je sais ce que c’est qu’un coucher de soleil ! Allez, dépêche toi de me libérer, s’il te plaît, je n’ai pas le temps de m’attarder sur ces…sornettes !
-Es-tu seulement capable de le décrire ? continua la tortue.
Lucas réfléchit :
-Ma foi, un coucher de soleil, ça ressemble…à un coucher de soleil, point barre…
-Tu n’es même pas capable de décrire l’embrasement du ciel et de la mer, le soleil qui rougeoie, ses rayons qui se reflètent sur l’eau, et la mer qui les lui renvoie comme un miroir, puis qui devient si confuse, qui s’empourpre !
Tu ne mérites vraiment pas que je m’intéresse à toi ! Adieu !
Tout d’un coup, elle se sentit mal, fut prise de convulsions, et vomit un sac en plastique !
Et la tortue sombra soudain telle une grosse pierre au fond de l’océan.
-Non, ne m’abandonne pas, par pitié…cria Lucas.
Lucas resta empêtré dans ses filets de pêche., de longues heures durant.
Quand enfin, il vit apparaître une silhouette fragile et gracile, qui s’approchait de manière très élégante. Il s’agissait d’un hippocampe.
-Hé toi, l’hippocampe ! Approche ! cria Lucas.
-Oui, que me veux-tu ? demanda celui-ci.
-Va donc chercher tes amis et délivre-moi, je t’en prie !
-Pourquoi devrais-je le faire ? Tout le monde sait qui tu es ici : tu es un pêcheur, tu pratiques ce qu’on appelle la pêche intensive ! Je trouve ça très grave !
-Pourquoi très grave ? Je ne vois pas du tout en quoi c’est grave !
-Toi et tes hommes capturez des bancs entiers de poissons !
-Et alors, qu’est-ce que ça peut faire ? Des poissons, il y en a des milliers dans la mer : ils se reproduisent à l’infini !
-Je ne crois pas non ! s’exclama l’hippocampe avec sévérité. Puis il continua :
-Vous détruisez toutes les espèces marines, ainsi que les fonds marins, avec vos immenses filets que vous déployez sur des kilomètres et des kilomètres ! Aucun poisson n’a de chance d’en réchapper !
-Sornettes ! Foutaises ! Allez délivre-moi, vite ! Je suis pressé, je te l’ai déjà dit ! Lucas s’agaçait.
-Tu peux rester où tu es ! Au moins, ça en fera un de moins de ton espèce…de destructeurs ! lui cria l’hippocampe.
-Non, noooon, attends, s’il te plaît, ne me laisse pas ! Je vais changer, je te le promets !
Mais peine perdue, l’hippocampe continua sa route, petite silhouette gracile qui se fondit dans l’immensité marine.
4.La délivrance
Les heures et les heures passaient. Personne ne vint aider Lucas, qui devenait de plus en plus faible…
Tout d’un coup, il se sentit soulevé, puis tiraillé, puis enfin hissé ! Il était si faible, qu’il n’eut pas la volonté de se débattre !
Il sentit seulement une main d’homme qui le libérait de ses filets, et dire tout fort :
-Encore un dauphin qui s’est attrapé dans les filets… et hop : Ni une, ni deux, il le rejeta dans la mer.
Lucas se laissa porter par les courants marins à son tour, trop épuisé pour se diriger. Il était devenu lui-même un homme-poisson éreinté, blessé par les marques des filets de pêche sur ses flancs.
Il échoua alors sur le rivage…le sable chaud fut comme une caresse sur son corps meurtri, il se coula dedans pour en faire sa couche, le soleil le réconforta. Peu à peu, il recouvra ses forces…
C’est alors qu’il la vit sourdre des vagues, la Reine des Océans, merveilleuse dans sa longue robe de vermeil dont les pans dansaient au vent, et qui dessinait une longue traîne sur la surface de l’eau, ses cheveux épars encadrant son beau visage. Elle s’avança vers le dauphin, s’agenouilla au-dessus de lui, et il vit alors deux lapis-lazzuli qui le regardaient avec bonté, et elle lui susurra ces mots :
-Pardonne-moi, je n’ai pas voulu te faire de mal…J’ai été obligée d’agir de la sorte, pour que tu comprennes le sens de ce que tu faisais...
5.Le sang de la mer
Je vais te délivrer, n’aies crainte ! continua Serena, mais auparavant, je veux te montrer quelque chose. Et elle l’entraîna à nouveau avec elle au fond de l’eau, de plus en plus profond, et arrivée à un endroit précis, elle lui dit :
-Regarde bien autour de toi, à présent. Que vois-tu exactement ?
-Je vois des requins, dit Lucas. Mais ils sont privés de leurs ailerons, ils agonisent…il y en a…des milliers.
-Oui, c’est cela…Que vois-tu d’autre encore ? questionna Serena.
-Je vois…continua Lucas, des ossements très grands qui tapissent le sol…
-Sais-tu à qui ils appartiennent ?
-Non, pas vraiment, répondit Lucas.
-Ces ossements, ce sont ceux des baleines que tes confrères tuent sans pitié ! Entends tu leur chant désespéré ?
A ce moment-là, en effet, un chant, des modulations tristes de plus en plus fortes vinrent crever les tympans de Lucas.
-Entends-tu les pleurs de la mer, Lucas ?
-Oui, Serena, je les entends ! Mais je t’en prie, arrête ce chant, par pitié !
-Je n’ai pas fini, Lucas ! le ton de Serena se fit de plus en plus sévère. Regarde par là ! Que vois-tu, dis le moi !
-Je vois des dépouilles, des milliers et des milliers de dépouilles !
-Sais-tu à qui appartiennent ces dépouilles ?
Lucas fit non de la tête. Il en avait assez de cet inventaire.
Mais Serena continuait :
-Elles appartiennent à ces pauvres phoques que des barbares massacrent sans pitié chaque année, à coups de gourdins ! Entends tu les cris de souffrance de ces animaux ? Entends tu les coups de gourdin les frapper jusqu’à la mort ?
-Oui, oui, Serena, je les entends ! Les coups en effet martelaient sa tête.
Serena se mit à pleurer !
A ce moment-là, ses larmes prirent une teinte rouge. Le bleu de l’océan fut noyé dans un long ruban rouge grenat. Lucas eut peur et s’écria :
-Serena, que t’arrive-t-il ? Souffres-tu ?
-Oui, j’ai mal, Lucas, je souffre de ce que les hommes font subir à mon Royaume ! Ils tuent, harponnent, massacrent, dépècent sans relâche les animaux et vident les océans de leurs richesses ! Jusqu’à quand cela va-t-il durer ? Cette avidité et cruauté ne cesseront-elles donc jamais ?
C’est le sang de la mer, Lucas, qui sourd de mes yeux ! Serena se recroquevillait sur elle-même et ployait sous le poids du chagrin.
-Calme toi, je t’en prie, Serena ! Je te promets de faire quelque chose et de transmettre ton message !
A ces mots, la colère et la douleur de Serena s’apaisèrent alors. Elle se redressa à nouveau. Son doux visage avait retrouvé sa sérénité.
Et elle pointa son doigt gracile alourdi de bagues de nacre en la direction de Lucas, qui reprit son apparence d’homme.
-Je te rends ton apparence première, mais promets moi que tu ne feras plus partie des destructeurs ? questionna Serena avec anxiété.
-N’aies crainte, je te le promets. Non seulement je n’en ferai plus partie, mais je vais les empêcher de polluer et détruire les océans.
-Afin que tu n’oublies jamais ce que je t’ai dit, voici ce coquillage. Lorsque tu auras des doutes ou que tu seras malheureux, mets le à ton oreille et écoute : tu entendras le murmure de l’eau, le ressac régulier et consolateur des vagues, la musique de l’océan. Tu pourras aussi m’appeler, si tu en ressens le besoin…
-Merci, lui dit simplement Lucas.
La Reine des Océans se fondit à nouveau dans l’eau. Lucas se redressa, troublé, et continua son chemin…
Sa destinée ne serait plus jamais la même, car il était à présent porteur d’un nouveau message.