Auteur pour la jeunesse, j'écris des textes de longueurs différentes, albums, contes, roman, que je vais vous faire découvrir. Je suis à la recherche d'un éditeur. Toutes mes histoires sont protégées par la SGDL.
Magda est une vache qui en a assez de brouter de l'herbe et de ruminer. Elle a un rêve secret : devenir patineuse. Mais...elle est désespérée, car elle se trouve trop grosse. Qui va aider Magda à réaliser son rêve ?
Magda était une belle vache, qui faisait partie du troupeau qui appartenait à la plus
grande ferme du village, qui elle-même appartenait à Monsieur Camembert.
Comme toutes les vaches, Magda passait tout son temps à brouter. Tantôt elle
regardait une abeille voler, puis elle se remettait à brouter. Ou alors elle regardait
passer un papillon, puis elle se remettait à brouter. Les autres vaches, ses consoeurs,
faisaient la même chose : elles broutaient inlassablement toute la journée.
Mais Magda n’était pas très satisfaite de son sort.
- Je commence en avoir assez de brouter toute la journée… Ce n’est vraiment pas
intéressant.
Un jour, elle se confia à Tine, son amie, qui avait le même âge qu’elle et avec qui
elle s’entendait très bien.
- Tine ? commença Magda. N’en as-tu pas assez de brouter comme ça toute la
journée ?
Tine fut tellement surprise par la question de Magda qu’elle en avala sa bouchée
d’herbe verte de travers.
- Assez ? Non, pourquoi ? demanda Tine.
- Mais ce n’est pas intéressant.
- Pas intéressant, répondit Tine. Pas intéressant, est-ce qu’on doit faire des choses
intéressantes ? On est bien tranquilles, c’est ce qui compte.
- Oh, ben oui, vu comme ça, c’est sûr… soupira Magda. Et Magda continua donc
de brouter.
Mais le lendemain, Magda fut reprise par le même ennui. Elle se dirigea vers
Sophie, la vache qui lui paraissait la plus alerte.
- Sophie ? N’en as-tu pas assez de brouter ainsi toute la journée ?
Sophie leva la tête et regarda Magda avec ses grands yeux, dans lesquels
Magda pût y lire la surprise.
- Non, pourquoi en aurai-je assez ? Nous sommes des vaches, nous
devons brouter afin de fournir du lait en abondance, répondit Sophie.
- Mais, moi, je ne veux pas brouter et je ne veux pas fournir du lait en
abondance ! s’écria Magda.
- Eh bien, tu n’as qu’à faire du tricot, alors ! Oh, et puis cesse de
m’importuner à la fin !
Magda n’était pas du tout contente de la réponse de Sophie. Du tricot, du
tricot ! Et puis quoi encore !
Alors Magda se résigna et se remit à brouter inlassablement.
L’humeur de Magda avait fait le tour du troupeau, et les vaches ne parlaient même
plus que de cela.
- Qu’est-ce qui lui prend ? dit l’une. On ne l’a jamais vue dans cet état-là.
- Oui, tu as raison, d’habitude, elle broute sans se poser de questions, dit l’autre.
- Oui, c’est vrai ça. Nous devons en apprendre davantage. Allons la questionner,
dirent toutes les vaches en coeur.
Et ni une, ni deux, elles se dirigèrent toutes vers Magda.
Magda avait toujours sa mine renfrognée.
- Alors, explique-nous un peu ce qu’il t’arrive ! dit Mariette, la plus ancienne.
- Je vous l’ai déjà dit : j’en ai assez de brouter ! Et puis, c’est ennuyeux à
mourir ! s’écria Magda.
- Mais qu’est-ce que tu voudrais faire alors ? demanda Sophie.
- Je voudrais… je voudrais… oh, et puis, je ne sais pas si je peux vous le dire…
- Mais si, vas-y, dis le nous, au contraire !
- Eh bien, je voudrais faire du patin à glaces, je voudrais devenir patineuse !
Un silence plana sur l’assemblée des vaches, qui de stupeur, ne savaient plus quoi
dire. Et tout d’un coup, ce fut l’hilarité générale. Toutes les vaches s’esclaffèrent
de rire.
- Patineuse ! Ben ça alors, c’est une surprise ! lança Tine.
- Et alors, quoi ? Pourquoi ça vous étonne ? Pourquoi est-ce que je ne pourrais
pas être une patineuse ?
- Mais enfin, réfléchis bien, dit Mariette.
- Mais, non, je ne vois pas, répondit Magda.
- Mais, mais… continua Mariette, tu ne peux pas être patineuse, parce que…
parce que… Oh, et puis, zut, je vais te le dire moi : parce que tu es trop grosse !
Voilà !
Magda fut clouée sur place par ce qu’elle venait d’entendre. Elle en resta sans
voix. Et de dépit, elle tourna les sabots, et partit, tête basse.
- Eh, bien, voilà, elles l’ont dit : elles pensent que je suis trop grosse. Elles
veulent que je broute, que je broute et maintenant, elles me reprochent d’être
trop grosse pour devenir patineuse. Je suis dégoûtée.
Et l’hiver arriva, et le lac qui jouxtait le pré ou paissaient les vaches se transforma
en une grande étendue glacée. Et Magda continuait de rêver.
- Je serai patineuse… ou rien d’autre.
Et elle chaussa ses patins à glaces et partit s’élancer sur l’étendue glacée. Mais
patatras ! Elle n’avait pas fait deux pas sur la glace, qu’elle tomba.
- Elles ont raison, pensa tristement Magda. Je suis trop grosse, je ne suis
qu’une…grosse vache !
Et Magda se mit à pleurer, et rentra désespérée, à l’étable.
Magda ne souhaitait plus se confier aux vaches. Elle alla donc trouver l’hermine, et
lui raconta ses rêves secrets, et les moqueries des autres vaches.
- Je voudrais être aussi légère et gracile que toi…
- Ecoute moi, lui dit l’hermine. Bien sûr, tu as un petit peu d’embonpoint. Mais,
si tu veux être patineuse, tu le seras. Mais pour cela, il va te falloir beaucoup de
volonté : tout d’abord, tu vas faire un petit régime, et surtout, tu vas faire
beaucoup de sport. Es-tu d’accord ? C’est Robert qui sera ton entraîneur.
- Oh, oui, je suis partante.
Ainsi, Magda alla trouver Robert, le gros boeuf du troupeau. Elle lui confia son
projet et le fait qu’elle voulait vraiment s’entraîner dur, et perdre du poids. Robert
ne se moqua pas d’elle, au contraire. Il lui mit en place tout une série d’exercices,
et lui conseilla aussi la quantité d’herbe qu’elle ne devait pas dépasser par jour.
Au début, Magda trouva cela bien difficile, les exercices surtout, elle qui n’avait
jamais rien fait d’autre que brouter toute la journée dans le pré. Elle eut bien
souvent l’envie de laisser tout tomber, mais elle tint bon, et pratiqua régulièrement
ses exercices d’éducation physique.
On la voyait ainsi faire plusieurs fois par jour le tour du pré en courant, avec
Robert qui chronométrait son temps et l’encourageait. Ensuite, elle devait faire
plusieurs séries d’abdominaux, puis toute une série de mouvements avec des
haltères, et tout cela deux heures par jour
Au bout de quelque temps, le résultat fut là. Magda devint toute fine, ce qui
excitait même la jalousie des autres vaches. Mais, surtout, ce qui énervait les autres
vaches, c’était que Magda était soutenue par le beau Robert, qui était tout en
muscles.
- Pfff ! Il n’a d’yeux que pour Magda, et nous, on n’existe pas, pensaient tout
haut les vaches.
Et un beau matin, que vit-on sur le lac gelé ?
Magda ! Magda qui avait chaussé ses patins à glace, et qui virevoltait sur la glace.
Elle était ravissante, et semblait la plus heureuse du monde. Elle glissait, légère et
fine, aussi gracieuse qu’un papillon. Et lorsqu’elle eut fini de virevolter, elle alla se
jeter dans les bras de Robert, qui l’accueillit en déposant un gros baiser sur sa
bouche.
- Ca alors, dirent les autres vaches qui s’étaient approchées pour assister au
spectacle. Tout compte fait, je crois que je vais arrêter de brouter… comme une
vache, pensèrent-elles toutes en choeur.