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Auteur pour la jeunesse, j'écris des textes de longueurs différentes, albums, contes, roman, que je vais vous faire découvrir. Je suis à la recherche d'un éditeur. Toutes mes histoires sont protégées par la SGDL.

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LE JONGLEUR DE MOTS

LE JONGLEUR DE MOTS

Quentin fait partie d'une famille pauvre. Il ne sait pas lire. Un jour, il découvre les beaux livres du châtelain, et un monde merveilleux s'ouvre alors à lui. Lors d'une fête au château, un curieux personnage entre en scène, porteur d'un message. Qui est ce mystérieux personnage, et que va-t-il apprendre à Quentin ?

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Il était une fois, une famille très pauvre, qui avait beaucoup d’enfants. Cette famille était si pauvre, qu’elle ne pouvait même pas envoyer ses enfants à l’école. Très jeunes, ces derniers devaient travailler à la ferme ou aider aux travaux des champs. Ils étaient vêtus de pauvres haillons, maintes fois rapiécés.

Lorsqu’ils se rendaient au village, les autres enfants se moquaient d’eux. D’ailleurs, la plupart du temps, ils préféraient éviter d’y aller et ne s’y rendaient qu’à de très rares occasions.

Parmi les sept enfants, il y en avait un qui souffrait particulièrement de ne pas savoir lire. Celui-ci s’appelait Quentin. Car un jour, il avait eu l’occasion d’entrer dans le château des maîtres, en l’absence de ces derniers. Sa maman y était servante et il avait pu voir tous les merveilleux livres des enfants, ornés de belles couvertures. Il les avait subrepticement ouverts et ces livres lui avaient donné l’impression de contenir des mondes magiques. Il avait vu des dessins de princesses, de chevaliers, d’ogres !

Il aurait alors tellement aimé pouvoir lire le texte !

Mais il eut beau sur le moment essayer de déchiffrer les caractères magiques, il ne parvint pas à les lire.

Mais entre-temps, Gwenaël, le fils du seigneur, était rentré . Ce dernier trouva donc Quentin en train de lire ses livres. Il ne le repoussa pas, au contraire, et lui lit même une histoire, au grand étonnement de Quentin.

Avant de partir, Quentin remercia vivement Gwenaël, en s’inclinant bien bas.

Ce jour-là resta gravé dans sa mémoire, car le monde qu’il venait de découvrir était si différent du sien !

Or, chez lui, il n’y avait pas un seul livre. D’ailleurs, à quoi bon, puisque personne ne savait lire.

Malgré les différences, Gwenaël et Quentin devinrent amis.

Un jour, il y eut une fête au château. Gwenaël invita Quentin, et lui expliqua qu’il y aurait un jongleur. Le jongleur fit son numéro, avec ses balles. Il était en effet très habile.

Le jongleur n’était pas un jongleur comme les autres. Il avait des yeux qui se perdaient au loin… on aurait dit qu’il n’était plus parmi les gens, qu’il s’évadait dans un ailleurs…

Quentin l’avait remarqué. Il se confia alors à son ami Gwenaël.

- C’est normal, c’est un artiste, lui expliqua Gwenaël.

Les artistes sont toujours des êtres à part, ils sont dans leur monde à eux.

- Un monde inventé ? demande Quentin.

- Oui.

- Mais, comment font-ils donc, pour inventer un monde ?

- Tu pourras peut-être un jour lui poser la question, répond Gwenaël.

Un jour, sur un chemin désert, Quentin fut attaqué par une bande de jeunes nobles, qui le provoquèrent et le rossèrent de coups. Il fut laissé pour mort au bord du chemin.

Alors, le jongleur de mots passa sur son destrier. Le voyant à terre et malmené, il s’arrêta, le chargea sur son cheval et le ramena chez lui.

Quentin était bien mal. Il avait des côtes brisées, le nez cassé, sa tête lancinante était prête à exploser.

Le jongleur de mots lui proféra alors des paroles. Ces paroles furent comme des onguents, elles lui procurèrent un soulagement immédiat. Elles rassérénèrent Quentin, qui s’endormit soulagé.

Lorsqu’il se réveilla, ses douleurs avaient pratiquement disparues. Il avait encore un peu mal, mais cela était tout à fait supportable, en comparaison de celles de la veille.

Il alla tout droit au château, à la rencontre du jongleur de mots.

- Qui êtes-vous ? demanda-t-il au jongleur de mots. D’ou venez-vous ? Comment avez-vous fait pour me guérir ?

- Eh là, que de questions. Sache que je viens de partout et de nulle part…

- Mais pourquoi tant de mystères ?

- Il n’y a rien de mystérieux dans mes paroles. On peut me trouver partout, pas la peine de me chercher.

- Je ne comprends rien à ce que tu racontes.

- Comment as-tu fait pour me guérir ? Normalement, ma guérison aurait du prendre des mois !

- Oh, ce n’est pas bien difficile, répondit le jongleur de mots.

- J’ai prononcé les mots justes. Je te les ai murmurés à ton oreille, et ce sont eux qui t’ont guéri.

- Mais quels mots as-tu prononcés ?

- Regarde, je vais te les montrer :

Le jongleur de mots prit alors ses balles de toutes les couleurs, et il les lança en l’air : en retombant, elles formèrent alors les mots :

GUERISON, OUBLI…

Quentin s’agenouilla alors, mit la main sur son cœur, et proféra à son tour les mots :

MERCI. Puis, il ajouta : je ne t’oublierai jamais.

- Je sais, murmura le jongleur de mots, et il disparut.

- Attends ! cria Quentin époustouflé par la disparition du jongleur de mots. Ne pars pas, je t’en prie, j’ai encore tant de questions à te poser !

- Rassure-toi, je ne pars pas ! entendit Quentin dans un murmure.

- Quand te reverrai-je ? demanda Quentin désemparé.

Il n’obtint pas de réponse.

Plusieurs jours plus tard, alors que Quentin travaillait aux champs, on entendit dans le village des cris de querelle, et tout un remue-ménage.

Quentin posa ses outils et s’empressa de se rapprocher du bruit. Il y avait bien en effet une querelle. Il s’agissait du tavernier et d’un client. Le tavernier tenait au collet le client et l’invectivait :

- Maintenant que tu as bien mangé et bien bu, tu dois me régler ma note.

- Et pourquoi veux-tu que je règle ta note ? Ce que tu m’as servi n’était pas bon, et ton vin non plus, d’ailleurs !

- Comment ça, pas bon ? Et s’adressant à Albertine, la servante :

- Albertine ! Est-il vrai que ce que je sers n’est pas bon ?

- Oh non, maître ! Depuis dix ans que je fais le service chez vous, je vous ai toujours vu n’offrir que le meilleur à vos clients.

- Alors, tu as entendu, manant ! reprit le tavernier en s’adressant à son client. Il faut que tu payes ta note !

Tout doucement apparut le jongleur de mots. Il s’approcha sans bruit des deux compères, sortit les petites balles de toutes les couleurs, se mit à jongler. Et les petites balles formèrent les mots :

MENSONGE, AVARICE.

Et le manant d’ajouter :

- Ca va, ça va, je vais te la payer ta note ! Tiens, voilà ton argent !

- A la bonne heure ! Non, mais ça alors, c’est incroyable ! Il voulait partir sans me payer celui-là ! dit le tavernier, content de récupérer enfin ses deniers.

Quentin avait vu son ami le jongleur de mots. Il se dirigea vers lui.

- C’est grâce à toi, n’est-ce pas ? Je t’ai vu intervenir.

- Peut-être.

- Sûrement ! Si tu n’étais pas intervenu, l’histoire se serait finie en bagarre générale, dit Quentin.

- C’est vrai.

- Tu es un magicien en quelque sorte. Mais on dit que les magiciens n’existent pas ! Qu’ils ne sont qu’illusion !

- Qu’en penses-tu toi ?

- Je pense au contraire que tu existes, que tu n’es pas une illusion !

- Tu vois, tu trouves les réponses par toi-même ! répondit le jongleur de mots.

A ces mots, il disparut de nouveau.

LE JONGLEUR DE MOTS

- Attends ! cria de nouveau Quentin. Ne t’en va pas ! J’ai encore tellement de questions à te poser !

- Mais tu sais très bien que je reviendrai ! entendit Quentin dans un murmure…

Quelques jours plus tard, Quentin en allant aux champs, rencontra un vieillard au bord du chemin.

Lorsque Quentin croisa le vieillard, celui-ci lui jeta un regard désespéré.

- Eh ! Mais que fais-tu au bord du chemin, à ton âge ?

- Ma famille m’a jeté dehors !

- Jeté dehors ! s’indigna Quentin.

- Oui, reprit le vieillard. Ils disent que je suis trop vieux, et que je ne suis plus bon à rien, que je suis une bouche de plus à nourrir !

- Allons, viens, je vais te ramener chez toi !

- Mais ils ne me veulent plus !

- N’aies crainte !

Et Quentin ramena le vieillard devant la porte de sa famille.

- Lorsque son gendre ouvrit la porte, il s’exclama :

- Ah, non, pas lui ! On n’en veut plus de celui-là !

A ces moment-là, une fois de plus apparut le jongleur de mots. Il sortit les petites balles de toutes les couleurs de sa besace, se mit à jongler. Et les petites balles en retombant, formèrent les mots :

VIEILLESSE, ABANDON.

Et le gendre entoura les épaules du vieillard, et le fit entrer de nouveau dans sa chaumière.

Quentin se dirigea de nouveau vers son ami.

- Alors, tu as compris cette fois-ci ? demanda le jongleur de mots à Quentin.

- Oui, j’ai bien compris. Mais…

- Mais ?

- Mais, il y a un problème, répondit Quentin.

- Quel problème ?

- Tu le sais bien. Mes parents sont si pauvres, que je n’ai pas appris à lire. Comment pourrais-je connaître le pouvoir des mots, si je ne sais pas lire ? D’ailleurs, je ne sais ni lire, ni écrire !

- Eh bien, c’est très simple. Tu apprendras !

- Apprendre ? A mon âge ? s’étonna Quentin.

- Bien sûr ! Il n’y a pas d’âge pour apprendre à lire et à écrire !

On peut commencer tout petit, mais on peut apprendre aussi bien plus tard. Le tout, c’est de le souhaiter, très fort !

- Je le souhaite très, très fort ! s’exclama Quentin, plein d’enthousiasme.

- Alors, au travail !

Et c’est ainsi que Quentin tous les soirs, après le travail aux champs, se rendit chez Mademoiselle Sidonie pour apprendre tout d’abord à lire, puis à écrire. Chaque jour un peu plus, Quentin faisait de remarquables progrès. Cela ne fut pas une contrainte pour lui, tant son envie d’apprendre était grande.

Mademoiselle Sidonie, de son côté, avait eu le temps de regarder Quentin de près. Et chaque jour un peu plus, elle le regardait de plus en plus près.

- Je le trouve si mignon, pensait-elle en elle-même. Et puis, il a ce quelque chose que n’ont pas les autres. On dirait qu’il est dans son monde… Au fond, c’est peut-être un artiste…

Un jour, Quentin ouvrit sa besace devant Sidonie, en sortit de petites boules de toutes les couleurs, se mit à jongler. Et les petites boules en retombant, écrivirent les mots :

BEAUTE, AMOUR, IMAGINATION, MARIAGE, BONHEUR !

Alors Quentin appela le jongleur de mots, qui apparut.

Il l’étreignit, puis au moment de partir, ce dernier lui lança en lui faisant un clin d’œil :

- Alors, tu as compris cette fois-ci ?

- Oui, cette fois-ci, j’ai tout compris ! Adieu, mon ami !

Je ne t’oublierai jamais !

- Je le sais, je le sais, dit la voix dans un murmure, qui disparut lentement, lentement, portée par le vent…

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