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Auteur pour la jeunesse, j'écris des textes de longueurs différentes, albums, contes, roman, que je vais vous faire découvrir. Je suis à la recherche d'un éditeur. Toutes mes histoires sont protégées par la SGDL.

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LE VOLEUR DE REVES

Un trouvère rencontre sur son chemin des enfants abîmés par la vie. Il les recueille et leur redonne espoir...

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LE VOLEUR DE REVES

Il était une fois un trouvère qui cheminait de village en village. Sur son chemin, il rencontra un petit garçon, qui était assis au bord du chemin. Il était seul, la tête entre les épaules. Lorsque le trouvère se posta devant lui, l’enfant leva vers lui ses grands yeux tristes.

- Eh bien, que se passe-t-il ? Pourquoi es-tu si triste ? lui demanda le trouvère.

L’enfant ne lui répondit pas.

- As-tu faim ? reprit le trouvère en lui tendant un morceau de pain.

- Oui, dit l’enfant, j’ai bien faim. Mais le plus terrible, c’est qu’Il est passé.

- Qui est passé ? demanda le trouvère. De qui parles-tu ?

L’enfant hésita avant de lancer dans un souffle, comme s’il en avait terriblement peur :

- Il est venu chaque nuit troubler mon sommeil, tant et si bien que je n’arrivais plus à dormir. Oh, comme j’ai souhaité souvent qu’il ne vienne pas…

- Mais… demanda le trouvère, apitoyé devant le chagrin de cet enfant. Cela a-t-il duré longtemps ?

- Oui, longtemps, très longtemps, des années. Alors, je me suis échappé, et maintenant, je n’ai plus de maison. Je ne sais plus où aller…

- Sais-tu qui il était ?

- Oui, c’est le Voleur de rêves.

- N’aies plus peur, désormais. Tu peux m’accompagner.

- Pourquoi te suivrai-je, toi, je ne te connais pas. Rien ne me dit que tu n’es pas aussi un voleur de rêves.

- En effet, tu as raison de te méfier de moi. Mais je ne suis pas un voleur de rêves. Je suis un trouvère, j’écris des poèmes et des chansons et je vais de village en village distraire les habitants. Je suis aussi jongleur. Tu vois, au fond, je suis même plutôt de l’autre côté de la barrière : j’apporte un peu de rêves aux habitants des villages que je traverse. Si tu le souhaites, je t’offre de m’accompagner.

L’enfant accepta de suivre le trouvère et ils partirent tous les deux.

LE VOLEUR DE REVES
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Lorsqu’ils traversèrent un second village, ils virent au bord du chemin une petite fille, assise par terre. Elle aussi était maigre. Ses pauvres habits étaient sales et déchirés, et ses cheveux étaient tout embroussaillés. Lorsque le trouvère et le jeune garçon se postèrent devant elle, elle leva vers eux ses grands yeux tristes.

- Eh bien, que se passe-t-il ? Pourquoi es-tu si triste ? lui demanda le trouvère.

La petite fille lança un profond soupir.

- Oui, je suis triste, je suis triste. Je suis toute seule, je ne sais plus où aller.

- Mais pourquoi ? demanda le garçonnet.

- Nous étions autrefois heureux, papa, maman et moi.

- Et alors ? Que s’est-il passé ? questionna le trouvère.

- Alors, alors, Il est passé.

- Mais de qui parles-tu ?

- De celui qui a transformé mon père, qui l’a rendu méconnaissable, qui lui a fait d’abord prononcer des mots horribles, et puis qui l’a fait frapper, frapper, moi, maman, tout le monde à la maison.

- Tu veux parler du Voleur de rêves ? lança le petit garçon.

- Oui, c’est lui. C’était insupportable. Je suis partie de la maison.

- Tu peux venir avec nous, si tu veux ? proposa le trouvère.

La petite se tourna vers le garçonnet.

- Mais, je ne le connais pas.

- Tu peux avoir confiance, ce n’est pas un voleur de rêves. Et il expliqua à la petite fille ce que faisait le trouvère. L’enfant accepta.

Ils étaient maintenant trois à parcourir les routes.

Ils avaient bien cheminé et traversé quelques villages, lorsqu’ils rencontrèrent à nouveau un autre garçonnet, assis au bas d’une fontaine. Il était plus âgé que les autres, ou du moins le paraissait-il, mais ce n’était encore qu’un adolescent. Lui aussi avait la tête baissée sur ses épaules. Lorsque les trois amis se rapprochèrent de lui, ils constatèrent que sa peau était de couleur plus foncée que la leur. Il leva vers eux ses grands yeux tristes.

- Eh bien, que se passe-t-il ? Pourquoi es-tu si triste ? lui demanda le trouvère.

L’enfant ne répondit pas.

- As-tu faim ? reprit le trouvère en lui tendant un morceau de pain.

- Je te remercie, dit l’adolescent. Je n’ai pas faim.

- Qu’est-ce qui te chagrine, alors ? demandèrent les autres enfants.

L’enfant prit sa respiration et dit :

- Il est passé.

- De qui parles-tu ?

- De celui qui a mis le chaos dans le cœur des hommes, qui leur a insufflé la haine des autres, la violence et la destruction. J’ai été heureux autrefois dans mon pays.

- Tu veux parler du Voleur de rêves ? dirent en chœur les autres enfants.

- Oui, c’est cela, le Voleur de rêves. Et il découvrit ce qui restait d’un de ses bras.

Les autres enfants poussèrent un cri d’horreur en voyant le moignon.

- Ne t’inquiète pas. Tu peux venir avec nous si tu le souhaites.

Et toute la troupe repartit.

LE VOLEUR DE REVES

Ils traversèrent beaucoup de villages, et la troupe grossit de plus en plus d’enfants, de France, mais également d’autres pays du monde. Tous racontaient des histoires différentes, mais qui avaient toutes en point commun le Voleur de rêves. Certains racontaient les privations, d’autres le manque d’amour, parfois aussi la violence.

Un jour, le trouvère se dit qu’il ne pouvait plus continuer ainsi, les enfants étaient désormais trop nombreux. Alors, il convoqua tous les enfants, et leur dit :

- Voilà ce que nous allons faire : nous sommes maintenant si nombreux, qu’en nous faisant la courte échelle, nous parviendrons à atteindre la lune.

- La lune ! ! s’exclamèrent en chœur tous les enfants.

- Oui, oui, vous avez bien entendu. J’ai bien dit : la lune.

- Et que ferons-nous une fois que nous aurons atteint la lune ? demanda le plus curieux.

- Eh bien, tu verras bien. J’ai ma petite idée derrière la tête. Puis, en s’adressant aux autres enfants, il ajouta :

- Vous constituerez une courte échelle, pour gravir la lune, puis, une fois que tout le monde sera là-haut, vous ferez la même chose, mais pour redescendre du côté opposé. Soyez bien attentifs, car dès que le premier enfant redescendra de la lune, il se passera quelque chose.

Et c’est ce qu’ils firent. Ils étaient si légers qu’ils n’eurent aucune difficulté à constituer une courte échelle, et ils atteignirent la lune. Celle-ci était pleine d’enfants, qui trouvaient très amusant de se retrouver là-haut, et chahutaient à qui mieux-mieux. Puis vint le moment de redescendre du côté opposé à celui qui avait été gravi. Alors les enfants se turent subitement. Lorsque le premier enfant posa un pied sur l’échelle opposée, des roses apparurent alors. L’enfant fut tellement émerveillé qu’il se mit à chanter. Puis, les autres enfants suivirent. Chaque marche était accompagnée de fleurs plus belles les unes que les autres, et le chant produit par les enfants enfla, enfla, jusqu’à se transformer en un chœur divin.

Ce chant puissant arriva jusqu’aux oreilles du Voleur de rêves. Il ne pût supporter ce chant pur, émis par la bouche de milliers d’enfants, lui qui était constitué de laideur, de mensonges, et de violence. Ce chant lui perça les tympans, puis le cœur, et il mourut. Les enfants le sentirent au fond d’eux-mêmes, car tout d’un coup ils grandirent, et devinrent de beaux jeunes gens et jeunes filles, porteurs d’avenir.

Quant au trouvère, il était heureux, car il avait aidé ces enfants. Il leur avait montré, que quelles que soient leurs blessures, il était possible de vaincre l’adversité, en unissant leurs forces. Ces blessures les avaient affaiblis, amoindris, et même si le Voleur de rêves était mort désormais, elles ne disparaîtraient jamais. Mais le trouvère leur avait appris que l’on pouvait vivre avec elles, et grandir.

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